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J’habite un fleuve en Haute-Amérique
Presque océan, presque Atlantique
Un fleuve bleu vert et Saint-Laurent
J’habite un grand boulevard mouvant
Saint-Laurent – Jean Charlebois et Robert Charlebois, Album Immensément (1992)

Le Canada est le foyer de l’un des plus grands fleuves d’eau douce du monde, soit le deuxième en Amérique du Nord.
À travers le temps, le fleuve Saint-Laurent a défini des communautés, établi des cultures, amélioré l’économie, développé la vie urbaine, transporté divers biens mais surtout, étanché notre soif, fourni nos légumes et nourri nos vies.


Malgré notre rudesse envers ce fleuve, celui-ci a toujours été bienveillant à notre égard. Pendant que d’autres pays ou provinces dépensent des millions pour obtenir de l’eau potable, le Saint-Laurent nous offre la meilleure des eaux, et ce, pour seulement 0.50$ par mètre cube. Alors que les agriculteurs en Californie pleurent leur faible rendement lié à la sécheresse, ce majestueux cours d’eau nous offre des récoltes abondantes, nous permet de créer des bières de renommée internationale, un sucre délicieux et du beurre des plus doux. Ce fleuve tenace s’acharne et persévère à travers le temps, mais jusqu’à quand le pourra-t-il ?

Progressivement, afin de combler ses besoins toujours grandissant, l’humain détruit la vie du Saint-Laurent, se négligeant lui-même et les générations futures. Cette avidité et cette cruauté à l’égard du fleuve lui enlève sa capacité d'adaptation, perturbant et chamboulant ainsi la vie de nombreux organismes innocents de cet écosystème, les gavant de PCB, de PBDE, de métaux lourds ou encore d’antibiotiques. Nos actions privent le fleuve de sa beauté, de sa structure, de son apparence et de sa santé. Année après année, la production de la rivière diminue et son impureté augmente. Alors que la commercialisation nous oblige à draguer en permanence la rivière et à exploiter ses ressources, son littoral naturel se voit continuellement réduit. Sous le couvert du bien de l'humanité, nos consciences restent tranquilles face à nos actions destructives sur son écosystème, sans égard pour les conséquences néfastes et irréversibles. Toutefois, le point de saturation du fleuve semble imminent.

Le temps nous est compté, nous sommes face à un choix. En effet, il en revient à nous, à l’humain en tant qu'espèce, de renverser la situation. Le sable du fleuve coule de son sablier. Tout espoir n’est point perdu puisqu’il est encore temps d’agir et nous avons beaucoup à réaliser pour y remédier. Nous devons d’abord apprendre à aimer, à apprécier la présence et la beauté du Saint-Laurent, apprendre à vivre avec ce fleuve et à s’y connecter, à garder sa pureté, à préserver son contenu et à maintenir sa taille et sa profondeur. Assurément, nous devons penser à l’importance et au rôle central que joue le fleuve, et ce, non seulement en tant que système dynamique et complexe, mais également comme symbole identitaire d’une nation toute entière. Le fleuve Saint-Laurent, à la fois source de nourriture, d’électricité, d’habitat et de poésie, demeure un centre névralgique sans lequel on ne pourrait concevoir la société québécoise telle qu’elle existe aujourd’hui. Tel un pilier, telle une artère, ce fleuve constitue l’un des fondements de notre peuple et continue d’alimenter son évolution. Nous devons nous compter chanceux que le Saint-Laurent se borne à toujours prendre soin de nous, à nous soutenir, à nous nourrir mais surtout, à demeurer une source de vie.

Billet écrit dans le cadre des ateliers de formation et de l'école d'été de CoPEH Canada (Communauté de pratique en approches écosystémiques de la santé), par Annabelle Martin, Ariane Juneau-Godin, Vivienne Steele, Lamin Massaquoi, et Fiorella Iaquinta, étudiantes. Été 2015.

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